À La Réunion, une affaire de fraudes sociales qui a marqué les enquêteurs et les services concernés connaît un nouveau détour judiciaire. Le procès de Dhoihir Dhoulkamal, ancien ministre comorien des Affaires étrangères, devait s’ouvrir ce vendredi 30 octobre 2026 devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis. Il a finalement été renvoyé au 4 mai 2027, après que l’ex-député et ministre de l’Union des Comores et son épouse ont fait opposition au jugement rendu le 29 mai.
Pour comprendre ce dossier, il faut remonter à la vie quotidienne d’un couple domicilié à La Réunion. Selon un rapport de la caisse d’allocations familiales (CAF), le couple avait indûment perçu plus de 250.000 euros d’allocations familiales et de RSA ces cinq dernières années. Parallèlement à ces allocations versées par la CAF, Dhoihir Dhoulkamal percevait des indemnités allouées par les Comores pour son poste de député, puis de ministre. Des revenus que son épouse, domiciliée à l’île, n’a jamais déclarés, selon les enquêteurs.
Elle était soupçonnée d’avoir bénéficié illégitimement d’aides sociales telles que les allocations de rentrée scolaire et les primes de Noël. L’ampleur du montage avait surpris jusqu’au sein de la caisse. “Une telle fraude, c’est quasiment du jamais-vu dans ma carrière”, avait confié un agent de la CAF à nos confrères de France Info, précisant que les investigations ne couvraient que les cinq dernières années en raison du délai de prescription.
L’affaire avait été révélée en 2020 par le Journal de l’Île de La Réunion (JIR). Une enquête préliminaire avait ensuite été ouverte en novembre 2020. Au terme de la procédure, Dhoihir Dhoulkamal avait été condamné à deux ans de prison pour fraudes à la caisse générale de sécurité sociale et à la CAF de La Réunion.
Le principal protagoniste, lui, n’a jamais répondu aux convocations. L’ancien ministre, qui a obtenu la nationalité française en 2000, était officiellement domicilié à La Réunion mais résidait en réalité majoritairement aux Comores. Après avoir quitté son ministère en juillet 2024, il n’a plus été protégé par son immunité fonctionnelle. Un mandat de recherche international a alors été délivré à son encontre. Cette mesure est restée sans effet, tout comme les convocations à comparaître devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis. Il était d’ailleurs absent lors de son procès, dont le sort se joue désormais à distance, entre une île où vivait le couple et un archipel où l’ancien ministre passe l’essentiel de son temps.
Le renvoi au 4 mai 2027 laisse donc la procédure ouverte, près de six ans après le déclenchement des investigations et une révélation médiatique qui datait déjà de 2020. Les oppositions formées par le couple après le jugement du 29 mai rouvrent le dossier, et le tribunal de Saint-Denis devra à nouveau examiner des faits qui ont déjà coûté à l’ex-ministre une condamnation à deux ans de prison.
Une précision s’impose au fil du dossier : Dhoihir Dhoulkamal et son épouse restent présumés innocents. C’est le cadre dans lequel la justice réunionnaise poursuit son travail, à coups de renvois, de mandats restés lettre morte et de convocations restées sans réponse. Pour un suivi complet de cette affaire et de son contexte local, les lecteurs peuvent se référer au traitement publié par Imaz Press à l’adresse https://imazpress.com/faits-divers/ancien-ministre-comorien-dhoihir-dhoulkamal-fraudes-sociales, qui retrace les étapes judiciaires de ce dossier désormais repoussé au printemps 2027.