La question d’une NBA Europe, qui pourrait redessiner le paysage du basket-ball européen et donc l’offre proposée aux spectateurs du continent, connaît un développement déterminant avant une réunion clé attendue à Londres. Comme l’a rapporté Sky Sports, cette rencontre doit se tenir lundi, jour de la cérémonie du Ballon d’Or dans la capitale britannique.
Selon ce rapport, cinq grands noms du sport européen étaient annoncés comme participants: le Paris Saint-Germain, le Bayern Munich, l’AC Milan, le FC Barcelone et le Real Madrid. Mais le quotidien catalan Sport apporte une précision de taille. Barcelone et le Bayern Munich ne participeront finalement pas à cette réunion.
Pour les amateurs de basket européen, cette absence envoie un signal clair sur la résistance d’une partie du continent face au projet américain. Plusieurs sources ont confirmé à EuroLeague que les deux clubs maintiennent une position ferme, en accord avec la décision prise à Como par les propriétaires de l’EuroLeague. Le Real Madrid, en revanche, semble être le club de l’EuroLeague le plus enclin à poursuivre le dialogue avec la NBA, un élément qui pourrait peser lourd sur l’issue des discussions et, in fine, sur la compétition que suivront les supporters.
Les chiffres présentés par Sport éclairent ce qui se joue derrière les portes des négociations. Selon le rapport, l’offre totale destinée aux actionnaires de l’EuroLeague s’élevait à 520 millions d’euros pour abolir la ligue et rejoindre le nouveau projet. Cela équivaut à 40 millions par club, mais les clubs perdraient également la propriété de la ligue, un patrimoine collectif construit au fil des années.
Le coût ne s’arrêtait pas là. Chacun des clubs devrait également payer 400 millions d’euros en tant que frais de participation. En substance, les clubs de l’EuroLeague n’obtenaient qu’une réduction sur l’offre minimale d’un demi-million fixée par la NBA pour participer à la nouvelle ligue.
C’est ici que la dimension économique devient directement lisible pour le grand public. Pour être viables, ces clubs auraient eu, en théorie, besoin de 40 millions de revenus annuels par club pendant la prochaine décennie, juste pour récupérer les frais de participation. Des sommes pareilles posent la question de savoir qui, au bout du compte, porterait ce poids, et ce que deviendraient les compétitions européennes auxquelles les spectateurs sont attachés.
La position commune affichée à Como par les propriétaires de l’EuroLeague constitue donc le socle sur lequel s’appuient Barcelone et le Bayern pour refuser de siéger à la table de Londres. Cette cohésion contraste avec l’ouverture attribuée au Real Madrid, dont la disposition au dialogue pourrait modifier l’équilibre entre les parties.
La réunion de lundi tombe à un moment symbolique, en marge d’une soirée qui réunit le gotha du football mondial. Que les plus grands clubs européens s’y retrouvent ou non pour évoquer l’avenir du basket en dit long sur les tensions actuelles entre deux modèles sportifs.
Pour l’instant, les faits connus restent ceux-ci: une réunion attendue à Londres lundi, cinq clubs initialement annoncés dont deux finalement absents, une offre chiffrée à 520 millions d’euros assortie de frais de participation de 400 millions par club, et des exigences de revenus annuels de 40 millions pendant dix ans pour espérer un retour sur investissement.
Les prochaines semaines diront si le dialogue entre la NBA et les clubs européens se poursuit, et sous quelle forme. Pour les supporters, l’enjeu demeure simple: savoir quelle compétition, quels clubs et quel niveau de jeu ils pourront suivre sur le continent européen dans les années à venir.