Unrest Tests Investor Confidence in Africa's Star Economy

Unrest Tests Investor Confidence in Africa's Star Economy

Curfew and closures weigh on tourism, textile and financial services

Maurice, l’une des économies les plus prospères d’Afrique, traverse une crise de stabilité qui menace son attractivité auprès des investisseurs et de ses secteurs clés. Depuis plusieurs jours, une vague de violences secoue cet archipel de l’océan Indien, habituellement présenté comme l’un des pays les plus stables du continent. Les manifestations, déclenchées par les pénuries d’eau et la hausse du coût de la vie, ont dégénéré après qu’un policier a grièvement blessé une femme par balle samedi soir.

Le poids économique de l’archipel donne à cette crise une résonance particulière. Maurice affiche l’un des PIB par habitant les plus élevés d’Afrique. Depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1968, le pays a progressivement abandonné sa dépendance à la production de sucre pour bâtir une économie diversifiée, fondée sur le tourisme, le textile et les services financiers. Cette prospérité repose en grande partie sur la confiance des opérateurs et des visiteurs. Les troubles actuels viennent éprouver cette confiance. Le pays a toutefois déjà connu des épisodes similaires : en 1999, la mort d’un chanteur en cellule avait provoqué d’importantes émeutes.

Pour contenir les dégâts, le gouvernement a déployé des mesures restrictives qui pèsent directement sur l’activité. Mercredi, il a prolongé le couvre-feu dans dix régions administratives, soit environ un tiers du territoire. Ces restrictions, appliquées depuis mardi soir, resteront en vigueur les nuits de mercredi et jeudi jusqu’à 5 heures du matin. Les autorités ont également annoncé la fermeture, jeudi et vendredi, de l’ensemble des crèches et des établissements primaires et secondaires du pays, une suspension des cours qui immobilise des pans entiers de la vie économique quotidienne.

Le bilan sécuritaire donne la mesure des perturbations. Les violences ont visé plusieurs commissariats, accompagnées de pillages, d’incendies et de dégradations, ainsi que de faits de possession de substances explosives et de non-respect du couvre-feu. Au total, 94 personnes ont été interpellées depuis le début des troubles, dont 84 pour la seule journée de mardi. Selon des sources policières, des trafiquants de drogue financeraient des toxicomanes pour attaquer les postes de police, une main invisible criminelle derrière le chaos.

Dans une allocution télévisée mardi soir, le Premier ministre Navin Ramgoolam a appelé au respect de l’ordre public. « Nul n’a le droit de se faire justice soi-même ou de prendre la loi entre ses mains », a-t-il déclaré, assurant qu’il serait « intransigeant envers les trafiquants de drogue qui jettent de l’huile sur le feu ». Le gouvernement envisage même d’abaisser de 14 à 12 ans l’âge permettant la détention et les poursuites judiciaires des mineurs, en raison de leur implication dans les émeutes.

L’embrasement trouve son origine dans un incident survenu samedi soir. Selon plusieurs témoins, un policier aurait tiré sans sommation sur une femme, l’atteignant au cou. La victime, grièvement blessée, reste hospitalisée. Le fonctionnaire impliqué a été arrêté et présenté à la justice. Cet incident est intervenu alors que les manifestations contre les difficultés d’accès à l’eau et l’augmentation du coût de la vie se multipliaient déjà dans le pays, deux griefs qui touchent au quotidien économique des ménages et à la capacité de l’État à fournir des services essentiels.

Pour une économie de services aussi dépendante de sa réputation, la restauration de l’ordre public constitue la condition première du retour de la confiance. Le gouvernement mise sur le couvre-feu, les arrestations et une fermeté affichée envers les narcotrafiquants pour ramener la stabilité dont le tourisme, le textile et la place financière de l’archipel ont besoin pour continuer à attirer capitaux et visiteurs. La question ouverte demeure la vitesse de ce redressement : les investisseurs et les opérateurs jugeront-ils la reprise assez rapide pour préserver la position de Maurice sur le continent ?

Q&A

What triggered the unrest in Mauritius?

Protests over water shortages and the rising cost of living escalated after a police officer allegedly shot a woman in the neck without warning on Saturday evening, leaving her seriously injured and hospitalized. The officer was arrested and presented to justice.

What restrictive measures has the government taken?

The curfew was extended in ten administrative regions, roughly a third of the territory, running until 5 a.m. on Wednesday and Thursday nights. All nurseries and primary and secondary schools were ordered closed on Thursday and Friday.

How severe have the security incidents been?

Violence targeted several police stations with looting, fires and damage, plus possession of explosive substances and curfew violations. In total 94 people have been arrested since the troubles began, including 84 on Tuesday alone. Police sources say drug traffickers are financing addicts to attack police posts.

Why does this crisis matter economically?

Mauritius has one of Africa's highest GDPs per capita and since independence from the United Kingdom in 1968 has diversified from sugar into tourism, textiles and financial services. Its prosperity rests on the confidence of operators and visitors, so restoring public order is seen as the first condition for renewed investor confidence.