Derrière les trophées alignés sous l’ère Pep Guardiola, les hommes et les femmes qui font vivre Manchester City, du staff aux stewards des tribunes de l’Etihad Stadium, découvrent un avenir de plus en plus incertain. Selon Bloomberg, les Cityzens ont tenté de négocier secrètement un accord à l’amiable avec la Premier League, qui aurait privilégié une lourde amende. Les discussions ont échoué. Le club refuse toujours de reconnaître les accusations qui lui sont reprochées.
Cette tentative de rapprochement contraste fortement avec la ligne de défense publique du club, qui affirme depuis le début être victime d’accusations infondées. Le point de rupture semble avoir été l’impossibilité de trouver un terrain d’entente sur le fond des griefs. Toujours selon Bloomberg, Manchester City aurait maintenu sa position d’innocence tout au long des discussions, refusant d’accepter les accusations formulées par la Premier League. La perspective d’un règlement n’aurait ainsi débouché ni sur une reconnaissance des faits reprochés, ni sur un accord permettant de refermer le dossier. Le média précise que ces discussions n’avaient pas été révélées auparavant et que les deux parties ont refusé de commenter ces informations.
L’échec des pourparlers laisse désormais les salariés, les supporters et tous ceux qui vivent au quotidien autour du club face à une procédure aux conséquences considérables. Les négociations n’établissent pas une culpabilité supplémentaire et ne signifient pas que City a reconnu les faits. En revanche, la décision rendue par la commission indépendante a bien retenu sa responsabilité sur les accusations liées aux graves manquements financiers, ainsi que sur la majorité des griefs concernant sa coopération avec les enquêteurs.
Pour comprendre l’ampleur du séisme, il faut revenir au verdict lui-même. Manchester City traverse l’une des périodes les plus délicates de son histoire. Longtemps présenté comme un modèle de réussite sportive et économique depuis son rachat par les investisseurs d’Abu Dhabi en 2008, le club anglais est désormais au cœur d’un scandale financier susceptible de remettre en question une partie de ses succès. La commission indépendante chargée d’examiner les accusations de la Premier League a rendu un verdict accablant, déclarant les Cityzens coupables de 114 des 115 chefs d’accusation retenus contre eux. Au cœur du dossier figurent notamment des soupçons de dissimulation de revenus, de présentation de comptes inexacts et de manquements aux règles financières du championnat anglais.
Les faits retenus sont particulièrement graves et concernent neuf saisons, de 2009-2010 à 2017-2018. D’après les conclusions de la commission, Manchester City aurait artificiellement gonflé ses revenus commerciaux de plus de 900 millions de livres sterling en s’appuyant sur des contrats de sponsoring fictifs ou trompeurs. Plusieurs partenaires commerciaux n’auraient versé qu’une partie des sommes officiellement annoncées, le solde étant financé par Abu Dhabi United Group, la structure liée au propriétaire du club. Manchester City aurait ainsi présenté une image déformée de sa situation financière, dissimulé la réalité de ses comptes à ses auditeurs et aux instances du football, tout en dépassant largement les plafonds de dépenses autorisés par la Premier League et l’UEFA. La commission a également retenu trois des quatre accusations relatives au manque de coopération du club pendant l’enquête. La Premier League a confirmé publiquement ces conclusions le 29 septembre, après plusieurs années de procédure.
Les pensionnaires de l’Etihad Stadium, qui ont annoncé leur intention de faire appel, continuent toutefois de clamer leur innocence et dénoncent des erreurs de droit, de principe et de fait dans la décision. Si Manchester City conteste fermement les conclusions de la commission, l’ampleur des faits retenus place le club face à des conséquences potentiellement historiques. Une déduction de points, une lourde amende, voire une exclusion de l’élite anglaise figurent parmi les sanctions évoquées dans ce dossier explosif. Aucune sanction définitive n’a encore été prononcée, mais pour les familles qui remplissent les tribunes chaque week-end et pour les centaines d’employés du club, l’issue de la procédure pourrait bouleverser durablement le paysage du football anglais.